Marché : la BD à l’attaque de l’iPhone
Louis Delas, directeur général de Casterman, président du groupe BD au Syndicat national de l’édition : “Le numérique nous revient aussi cher que le papier.”
Quoi :
La BD débarque sur l’iPhone.
Pourquoi :
Pour contrer l’offre pirate et s’inspirer de la success story asiatique.
Comment :
En convainquant qu’éditer en ligne est aussi coûteux que sur papier.
Vous lancez dans quelques semaines votre appli iPhone. Quelle est l’offre ?
Nous vendons 1,59 euros des épisodes d’une dizaine de pages et 5 euros un album. C’est une première en France, après le test l’an dernier sur Lucky Luke. Il y a sur cette appli des BD de Casterman, de Fluide Glacial et de Soleil. Pour nous, l’iPhone représente l’écrin idéal pour les BD dans le numérique. C’était notre priorité. Les autres produits numériques prendront plus de temps.
Comment travaillez-vous avec les libraires ?
C’est un partenariat entre Apple, l’opérateur téléphonique, l’agrégateur de contenu Mobili et le Groupement des libraires de BD. Ce nouveau service est une expérimentation pour opérer des synergies entre le mobile et le papier. Je crois que cette nouvelle activité ne s’oppose pas au papier mais complète l’offre. Nous sortons l’application iPhone mais nous sommes aussi en discussion avec d’autres opérateurs.
Quelle est l’équation prix ?
Au Japon, une BD vendue 500 yens est commercialisée 50 yens l’épisode sur mobile. Le prix de vente est donc identique. Mais en France, le piratage s’est dramatiquement répandu et il faut faire comprendre au public que le prix d’une BD numérique est presque équivalent à celui d’une BD papier, soit 11 euros en moyenne, même si les postes de dépense ne sont pas identiques.
Aujourd’hui, la commercialisation pour 5 euros ne tient pas la route, à cause d’une TVA à 19,6 % et des investissements techniques. C’est pourquoi nous plaidons pour avoir une TVA identique à celle du livre.
Le développement du numérique ne risque-t-il pas de cannibaliser l’offre papier ?
Ce n’est pas ce qui s’est produit au Japon, où le développement de ce nouvel usage a plutôt profité aux livres de BD en papier. Ce sont surtout les magazines de BD qui vont souffrir.
Quelles offres allez-vous faire aux marques pour sponsoriser les BD ?
Nous sommes en train d’étudier cela. Nous entrons dans un nouveau métier, mais qui est une voie prometteuse si l’on en croit ce qui se passe dans d’autres pays.




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