E.Scherer : “le hit du NYT en 2009 est une infographie”

Qui ?
Eric Scherer, directeur stratégie et relations extérieures de l’AFP
www.mediawatch.afp.com
Quoi ?
Le Cahier de Tendances semestriel MediaWatch de l’AFP
Comment ?
Eric Scherer suit 1.300 personnes sur Twitter. Il intervient dans de nombreuses conférences. Son rapport est la synthèse de ses rencontres réelles et virtuelles.
Comment avez vous choisi le thème ?
J’ai hésité notamment avec le thème de l’économie de la confiance, parce qu’à la fin de la journée on ne se souvient plus guère d’où vient l’information : car qu’on le veuille ou non, celui qui consomme l’info se fie moins à l’heure de Facebook et de Twitter, à des marques médias qu’à des personnes. J’ai aussi hésité avec l’essor actuel d’un mouvement classique de Contre-Réforme, de réaction, de révolte des dinosaures qui veulent essayer de faire « rentrer le génie dans la bouteille » et encouragent le dénigrement d’Internet…. Mais j’ai fini assez naturellement par l’intituler « Context is King ! ». A l’heure de la banalisation et la multiplication des contenus, la solution, pour les médias traditionnels, ne viendra à mon avis, que d’un enrichissement des contenus : enrichissement éditorial (mise en perspective rapide, guide pertinent dans la surabondance d’info, explication du monde …) et enrichissement technologique (liens, tags, web sémantique, vidéo, accès en mobilité, géo-localisation, visualisation de données… bientôt 3D et réalité augmentée). Un seul exemple : l’an dernier, la page la plus visitée du site du New York Times fut une infographie interactive, illustrant la journée électorale du Super Tuesday lors de la présidentielle. Le problème, c’est que les groupes de presse français disent ne pas savoir où trouver les talents graphiques pour faire un travail de cette qualité.
Votre rapport fait état d’une crise sans précédent, qui prive les groupes de presse de ressources pour préparer leur reconversion…
C’est effectivement le coeur du problème: sur un marché en pleine mutation, les groupes de presse n’ont même plus les moyens d’investir pour préparer la suite.
La crise n’a pas que des mauvais effets, elle pousse aussi les acteurs à s’unir….
Des éditeurs US de magazines, archi concurrents, sont en train de s’unir pour créer un standard commun pour lecteurs ebook.(projet Phulu, avec Hearst, News, Time, Meredith & Conde Nast). Du côté des agences de presse, 11 agences mondiales ont décidé de travailler ensemble pour expérimenter une page Facebook Fan commune pour le sommet de Copenhague, the climate pool.
Vous parlez assez peu dans ce rapport de la zone grise entre information et publicité, de plus en plus d’actualité…
Je n’ai pas abordé ce sujet, qui est vaste, puisqu’il va des « ménages » de journalistes aux risques croissants de confusion des genres entre publicité et rédactionnel. Tous ces sujets ne vont pas vraiment rétablir la confiance entre les médias traditionnels et leurs lecteurs. La semaine dernière, le Dallas Morning News a placé deux ou trois rubriques de son site web sous l’autorité du service commercial. C’est un dangereux précédent.





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