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Yossi Vardi, Cantine et pépins de tomate

1 mars 2010 Fenêtre sur..., Médias sociaux 0 Commentaires
Yossi Vardi, Cantine et pépins de tomate

Qui ?
Yossi Vardi, ( יוסי ורדי ) ambassadeur de la hi-tech israelienne et premier investisseur dans ICQ (rachetée par AOL et devenu AOL Messenger), Stéphane Distinguin, président de Silicon Sentier & PDG de Faber Novel, Nicole Guedj , présidente de la Fondation France-Israel.

Quoi ?
Petit-déjeuner à la Cantine, le 15 février dernier, spot qui fédère les geeks parisiens dans la «vraie vie » (l’IRL, quoi !)   pour annoncer  l’ouverture de la première succursale de la Cantine à Tel-Aviv en septembre 2010, relaté par un Dov Rueff en grande verve.

“Dans le petit monde de la hi-tech français, on entend pas mal parler d’Israël : -Jérémie Berrebi a lancé un fond d’investissement avec Xavier Niel, doté de 100 millions d’euros pouer 100 projets et Ouriel Ohayon, ex-TechCrunch France, capital-risqueur et fondateur de Appsfire, une start up permettant d’aider à partager ses applications avec ses amis  sur Iphone, a réuni quatre des plus prestigieux investisseurs français: le même Xavier Niel, de Free, Jean-David Blanc d’Allociné, Jacque-Antoine Granjon de vente-privee.com et Marc Simoncini de Meetic.

Introduit par Nicole Guedj, une ancienne avocate, brune flamboyante,qui l’a convaincu de faire le détour depuis le Mobile World de Barcelone, Yossi Vardi, la soixantaine aux cheveux plutôt sel que poivre est un vétéran de la hi-tech : investisseur dans ICQ (« I seekyou »), la start-up du premier service de messagerie instantanée, fondée par un de ses fils et revendue à AOL pour 407 millions de dollars. Depuis ce beau jour de 1998,  Yossi aime à dire que son physique s’est instantanément métamorphosé et qu’il est devenu un top, sexy, blond, aux yeux bleus .Monument national dans son petit, mais influent pays, il a continué à investir pépère… Dans soixante-deux sociétés à ce jour. Avec passablement de succès, puisqu’il siège au conseil d’administration de tout ce que la Terre dite Sainte compte comme boite innovante, peut se targuer d’avoir le président israëlien Shimon Perez au nombre des ses potes… Ou bien Sergey Brin, co-fondateur de Google,  à qui il parlait récemment lors du dîner des Nerds, qui se tient chaque année à Davos. Yossi explique les raisons du succès d’autant de start-ups en Israel par la  culture du risque. La culture israélienne semble accepter plus facilement l’échec qu’ailleurs  : contrairement à la magnifique tradition du Sepukku au Japon, ou à l’embarras à l’allemande, échouer n’est pas stigmatisé en Terre Sainte. Pratiquement parlant, une fois que Yossi investit, il n’a pas le culot, la chutzpah de dire aux gamins à qui il fait confiance . Et quand Madame Vardi, sa femme, lui reproche de trop facilement lâcher sa thune à des gamins aux yeux plus gros que le ventre, Yossi répond, fataliste, que ses investissements sont l’équivalent d’une fondation donnant à de jeunes et brillants diplômés, un complément de formation. Si l’argent s’évanouit, pas de quoi fouetter un chat : l’éducation, elle, demeure… Magnifique mentalité,  non ? Ses yeux se mouillent d’ailleurs à l’évocation d’un de ses poulains, malchanceux, qui ne mange que des pizzas, n’a pas claqué plus d’un tiers des sous qu’il lui avait demandé et va droitdans le mur. Mais Yossi n’a que du respect pour lui : il a appris des choses et investira peut-être dans sa prochaine affaire quand il aura mis la clé sous la porte. Faut dire qu’ils se connaissent vraiment bien, maintenant.

En quoi Israël est-il particulier pour la hi-tech ? C’est une culture très branchée sur la prise de risque, le système D. Comme en témoigne ses audacieux succès militaires… sur lesquels mieux vaut ne pas trop s’étendre. Et le graphe social y est très simple : tout le monde se connaît ou connaît quelqu’un qui connaît… Pour illustrer ça, Yossi raconte qu’il est même arrivé à l’époque d’ICQ, d’aider un concurrent, en lui prêtant des serveurs. À la même époque, la pression sur ICQ était telle que des administrateurs réseaux venaient régulièrement dépanner la boite en surcharge à maintenir la connexion d’Israël avec le reste du monde. En gros, se concurrencer n’empêche pas de vouloir être un bon citoyen dans sa communauté. Vivre dans un petit pays, entouré par de grands voisins crée un fort sentiment de responsabilité mutuelle. Yossi évoque aussi comment, pendant la guerre du Liban,jusqu’à dix pour cent de la population israelienne déménagea pour se protéger des fusées du Hezbollah.  Ce qui, ailleurs, aurait pu soulever d’énormes problèmes logistiques fut résolu ainsi : chacun ouvrit sa maison, en acceptant d’y héberger des inconnus. Dans la hi-tech, ça se passe aussi comme ça. Et puis Yossi aime bien les gens sympas : une fois, il a pris sa décision d’investir quand il a su que le fondateur donnait de son temps à une école. Il est comme ça : pas rationnel pour un sou.Enfin, ce pays de tous des immigrants, des personnes ayant tout perdu sauf leur accent, facilite la prise de risque. Dans l’autre vallée, pas celle de la Bible mais celle de Silicon, un quart des jeunes pousses est créé par des immigrants venus d’un de ces trois pays : Chine, Inde ou Israël. D’ailleurs, chaque nouvelle vague d’immigration en Israël s’est traduite par une vague particulière dans la hi-tech. Le gouvernement yest critiqué sans cesse par une population aussi râleuse que les Français, mais il n’empêche qu’il a fourni depuis 25 ans un cadre permettant aux jeunes pousses de croître dans de belle pépinières, à la fiscalité avantageuse. l’entregent de Yossi, semble-t-il. Parmi ses plus récents protégés : Fring — une sorte de Skype pour Iphone — cartonne pas mal. Mais on n’y trouve pas encore d’endroits comme la Cantine, où l’on célèbre l’innovation et où se crée une dynamique de groupe, dans le monde éclaté des développeurs Internet.

-Pourquoi Israêl revend il ses services à d’autres sociétés plutôt que de développer ses start up à l’international ?  Yossi répond par une anecdote :  plutôt que devenir le premier producteur de tomates, les fameuses tomates cerise de la planète, le manque d’eau a contraint son pays a devenir le premier fournisseur de graines pour tomates cerises.Et que c’est pas plus mal, vu qu’il y a pas trop d’eau dans son coin. Du coup, on se prend à regretter qu’il y en ait en abondance ici…Gros moment de flip : si ça se trouve, on va tous se retrouver à cultiver des tomates cerises, pendant que d’autres nous vendront les graines.D’autant que les crispations nationales sur l’identité ont quelque chose de risible, quand on voit ce que le cousin ricain ne se prive pas d’inventer : une proposition de loi actuellement en cours d’examen vient d’inventer le visa « start-up » pour tout entrepreneur porteur d’un projet innovant et doté d’une paille : cent mille dollars d’investissement . En France, on n ‘a pas de pépin de cerise, mais on a la Cantine. Après le prêche de Yossi  Nicole Guedj, est tfière d’annoncer l’exportation à Tel-Aviv de la Cantin, définie par Stéphane Distinguin Stéphane Distinguin, président de Silicon Sentier, entre autres comme uen sorte de Zénith, à la fois salle de répétitions et de concert, dont chaque ville ou presque a fini par se doter dès la fin des années 80. Au Zénith , on est sûr, Yossi aurait fait un malheur.–

  • Dov RUEFF
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